Le temps retrouvé: interview avec l’horloger Paul Bouyssou

paulbouyssouatelier

Depuis 2011, dans le centre historique de Bordeaux on peut trouver une boutique pleine de trésors, spécialisée dans les montres et les bijoux anciens. Le jeune couple formé par Paul et son épouse joaillière Emilie nous ouvrent ses portes.
Par @newschoolvintageshop

Comment as-tu découvert l’univers de la montre ancienne?

Je n’ai pas commencé ma carrière comme horloger, mais en travaillant dans le bijou ancien à Paris. C’est là que j’ai été formé par un gemmologue. Il m’a appris à savoir chercher les différences entre les minéraux, à manipuler les outils, à savoir reconnaître les couleurs et les inclusions, les traitements ou les synthèses. En parallèle j’étais directeur d’une boutique, où la clientèle m’apportait souvent des montres pour les expertiser ou les vendre.

Un jour, un client amena une Omega Constellation Pie-Pan… Ce fût une vraie révélation. Au même titre que j’étais émerveillé devant un ensemble des bijoux anciens ou une émeraude colombienne, cette montre me fît passer du côté obscur, elle me donna envie d’en connaître plus.

Tu as eu l’énorme chance de rencontrer quelqu’un qui t’a appris le métier… peux-tu nous raconter cette histoire?

Lorsque je suis arrivé à Bordeaux avec Emilie et qu’on a ouvert notre bijouterie, j’avais beaucoup de mal à faire réviser et restaurer les montres. Quand je vendais une montre, j’étais toujours angoissé à l’idée qu’elle commence à dysfonctionner et que le client me la rapporte. Je les envoyais alors jusqu’à Besançon pour les faire réviser.

Et puis un jour, un homme est entré dans la boutique et m’a dit: « Je suis Jean Louis Strack et je suis horloger, j’ai mon propre atelier et je cherche du travail… Je suis spécialiste de la marque Omega bien que je connaisse aussi le reste des montres vintage ». J’ai eu tout de suite confiance et je lui ai confié deux chronographes Valjoux 7734 des années 70 à restaurer et réviser: il est revenu la semaine suivante avec les deux montres comme neuves. Il m’avoua ce jour là que j’étais le seul Bordelais à lui avoir confié du travail… peu de temps après il a commencé à tout m’apprendre.

Et après ça… as-tu continué à chercher de nouvelles façons de travailler? Y a-t-il une évolution dans le travail d’un horloger?

En plus d’être doué de ses mains, Jean Louis est aussi un pédagogue et un inventeur hors pair. Par exemple, lorsqu’un outil ou une machine n’existe pas ou n’est pas assez performante, il en invente une nouvelle. Donc oui, on peut toujours trouver des nouvelles façons de travailler.  

Il m’a transmis aussi ce côté débrouillard. Un jour par exemple, en voulant polir des chanfreins sans arrondir les angles, j’ai eu l’idée d’une brosse en cuir, que j’ai fait construire. Je suis ravi du résultat!

En travaillant la montre ancienne tu es déjà en train de préserver un héritage, mais en plus de ça tu viens de commencer un nouveau projet: un journal que nous pouvons trouver sur ton site. Comment est née cette idée?

J’aimerais mettre ce que j’ai appris à la portée de tous. C’est dans ce sens que j’ai créé ce journal. Il est dédié à tous les amoureux d’horlogerie, aux profanes comme aux collectionneurs aguerris. J’y traite  différents thèmes, comme l’histoire, la technologie, les inventeurs. J’aimerais à terme faire plus de vidéos.

Quelle est ta pièce vintage fétiche?

Bon, bizarrement ce n’est pas une montre! Ma pièce vintage préférée est un cadeaux de mon père, c’est mon premier appareil photo: un Lubitel fabriqué en URSS dans le années 60.

Vous pouvez voir ses articles ou lire le journal de bord a propos de la montre ancienne dans sa web
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