Le mystère de la chambre noire

7

En plein XXI ième siècle grâce à la révolution digitale tout est devenu plus facile et accessible, une nouvelle génération de photographes a décidé de ne pas suivre le mouvement. Grâce à eux la photographie argentique est plus vivante que jamais.  La jeune photographe Ludivine Martinez nous explique les dessous de cet art où les photographes, avec leur savoir faire, sont encore de véritables artisans.
Par @newschoolvintageshop  

Pourquoi avoir choisi de shooter en analogique?  

J’aime la photographie argentique pour beaucoup de raisons. Tout d’abord, je préfère le rendu global de l’image, la texture et le rendu des couleurs. J’aime aussi le travail de l’instant, le fait qu’on n’ait pas de visuel directement après avoir pris la photographie… et surtout le fait de travailler l’image de A à Z : du développement de la pellicule jusqu’au tirage.  

Avec du digital tout est plus rapide, plus immédiat… travailler en analogique t’oblige a avoir une autre approche au moment de shooter?  

Dans une pellicule traditionnelle il y a un nombre limité de photos. J’ai l’habitude de travailler avec des pellicules de 36 photos et cela ça t’oblige à réfléchir avant de déclencher et à imaginer le rendu sous tous les angles pour déterminer la meilleure composition possible. Il faut donc vraiment faire à l’œil, et une fois que la photo est prise on doit se faire confiance et passer à d’autres images. 

Les gens qui ne connaissent pas le monde de la photo argentique pensent qu’une fois que la photo est prise, on ne peut plus la modifier, mais ça c’est très loin de la vérité. Aimes-tu expérimenter dans la chambre noire? 

Oui, j’aime expérimenter et modifier mes photos en chambre noire. Le développement de la pellicule se fait en suivant plusieurs étapes spécifiques. La première étape est d’insérer la pellicule dans la bobine et grâce au différents produits qu’on applique à cette dernière, on peut jouer sur le rendu de la photo. 

On peut aussi obtenir différents résultats à partir d’une photographie. Par exemple en exposant le papier plus longtemps ou en prolongeant l’immersion de la photo dans certains produits on peut créer plus de contraste ou influencer la  luminosité. C’est magique.

Ce dispositif est pour préparer un tirage argentique. On utilisait un agrandisseur qui projette une image du négatif aux dimensions qu’on souhaite sur un papier photosensible. On manipule ensuite à l’aide d’un margeur le positionnement du papier en choisissant ce qu’on souhaite montrer. On peut par exemple modifier le cadrage d’une image. Une fois exposée, la photographie apparaîtra sur ce papier.

Une partie de ton oeuvre a une visée documentaire… pouvons nous en savoir plus?

Dans mon travail, je réalise deux choses distinctes : des shootings photos avec une recherche d’esthétisme (du portrait habillé, du nu, du sous-vêtement, etc) puis des projets à visée documentaire pour traiter de sujet tels que l’immigration, le harcèlement de rue, le cancer, les  personnes handicapées… Je témoigne de faits d’actualités soit par le biais de la mise en scène en réalisant des photos avec un cadre et des modèles préalablement choisis comme par exemple dans mon travail sur le harcèlement de rue, ou bien par des photographies prises directement sur le terrain. 

Qui sont les photographes qui t’ont influencée le plus?

Mes influences sont assez variées. J’aime tout autant des photographes classiques tels que Raymond Depardon ou Walker Evans, et contemporains comme Nan Goldin ou Valérie Jouve.

Que penses-tu de l’explosion d’Instagram, et ce que cela suppose par rapport au monde de la photographie?

Je trouve qu’il est intéressant pour nous photographes ou modèles de partager nos travaux sur cette plateforme et d’avoir plus d’audience. Pour ma part, de nombreuses personnes suivent et aiment mon travail, ce qui est génial et très encourageant. Mais c’est dommage que ne nous puissions pas tout publier suite à la censure, notamment concernant la nudité féminine.

Comment vois-tu évoluer ton oeuvre dans le futur? 

J’aimerais continuer de réaliser des projets aussi variés qu’à l’heure actuelle, en allant plus loin. J’aimerai avoir la possibilité de travailler avec des styliste professionnel lors de shooting mode ou pouvoir travailler plus en immersion dans les reportages photos documentaire. Je travaille pour affiner mon style ; je crois que la photographie est un domaine dans lequel on n’a jamais fini d’évoluer.  

Quelle est ta pièce vintage fétiche?

Je dirais que ma pièce vintage fétiche est mon vieil appareil photo Nikon. Je ne peux pas m’en passer et surtout, j’en ai toujours besoin pour témoigner de quelque chose.

 

portrait réalisé par @_simonfontaine

Si vous voulez suivre l’actualité de Ludivine Martinez voici son Instagram et son site. Vous pourrez aussi la retrouver dans Comets avec une séance de photos réalisée à la cité Radieuse à Marseille.

Partager:

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest